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    Bernard
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    Résumé de la discussion sur le thème « Faut-il se méfier du consensus ? » animée par Bernard le 22 mars 2025

    La méfiance envers le consensus provient de sa complexité et de ses ambiguïtés. Le consensus, défini comme un assentiment général, se distingue clairement du compromis, qui est le résultat négocié d’une confrontation d’intérêts divergents, et de la compromission, impliquant une renonciation à ses principes. À partir de quand parle-t-on précisément de consensus ? Suffit-il qu’une majorité relative (plus de 50 %) partage la même opinion, ou bien exige-t-on une quasi-unanimité ?
    Par ailleurs, bien que proche du conformisme, le consensus se construit idéalement par un échange préalable d’idées, ce qui le rend plus légitime qu’un simple alignement sur la norme sociale par conformisme. Toutefois, le consensus comporte un risque majeur : la simplification des idées, pouvant entraîner une paresse intellectuelle et un renoncement à une réflexion critique approfondie. Adhérer à un consensus par peur d’être isolé ou exclu est fréquent, et ceci interroge fortement la valeur réelle d’un tel accord collectif.
    Le consensus peut être fois moralement positif ou négatif. On peut citer en exemple positif le consensus autour des droits de l’homme, tandis que l’exemple négatif pourrait être un racisme généralisé accepté par une majorité. D’autres formes existent encore, comme le consensus scientifique, légitimé par la méthode scientifique rigoureuse (par exemple, le travail du GIEC sur le climat). Ainsi, la question essentielle est celle de la légitimité du consensus, notamment moral, qui doit être régulièrement soumise à une remise en cause rationnelle et critique.
    La diversité des opinions, moteur de l’évolution intellectuelle, risque d’être menacée par un consensus figé, perçu comme une forme de stagnation. Un bon exemple est celui de l’art, où le consensus est perçu négativement, car il nuit à la créativité et à l’innovation. Actuellement, des consensus apparents comme celui du réarmement peuvent être questionnés : reposent-ils sur des fondements réellement légitimes ?
    Pour autant, l’opposition systématique ne constitue pas une attitude constructive à long terme ; elle relève souvent d’un réflexe psychologique de contradiction. La contradiction raisonnée, elle, reste nécessaire pour aboutir à un consensus authentique et dynamique. Enfin, la société contemporaine pousse souvent à la prise de position rapide et binaire, alimentant ainsi l’idée d’un « consensus mou », jugé faible intellectuellement ou moralement.
    En conclusion, le consensus est utile pour agir collectivement, mais ne doit jamais devenir une fin en soi. Il est impératif de toujours préserver l’esprit critique et d’encourager le doute, car c’est dans cette tension permanente entre accord et désaccord que progresse réellement la recherche de la vérité.

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