Définir ou Conceptualiser ?

En atelier philo, il arrive souvent que les participants souhaitent commencer par établir des définitions. Certes, cela permet de s’assurer que l’on parle bien de la même chose. Mais ce réflexe peut devenir un piège. Car une définition, surtout si elle vient du dictionnaire, fige le sens d’un mot comme s’il était évident et incontestable. Or la philosophie ne cherche pas à répéter des vérités déjà établies, elle cherche à penser. Il ne s’agit pas dire ce que le mot veut dire selon un usage standard, mais d’élaborer une pensée à partir de la polysémie d’un mot.
C’est pourquoi lors d’un atelier philo, on encourage plutôt à conceptualiser, c’est-à-dire à interroger un mot, à explorer ses différentes facettes, ses ambiguïtés, ses usages contradictoires. Par exemple, si on définit la liberté comme “l’absence de contrainte”, on exclut d’emblée l’idée que des règles puissent nous rendre libres. Si on conceptualise, on peut se demander : Est-ce que les règles empêchent ou permettent la liberté ?L’absence de contraintes garantit-elle la liberté ? Peut on être libre si l’on est esclave de ses pulsions ou de ses désirs ?
Tandis que définir revient souvent à clore une question, conceptualiser l’ouvre. Un concept n’est pas une étiquette, c’est un outil de pensée qui se précise en se confrontant à des problèmes. Voilà pourquoi en philosophie, il ne s’agit pas seulement de dire ce qu’un mot veut dire, mais de réfléchir à ce qu’il fait penser.

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